Pierre Vandel Joubert – Nord

dans une ville oubliée aux sables
arrivant d’ouragan
ce compartiment d’âmes dissoutes
me tient compagnie depuis des années
c’est l’air des impasses
que Dieu m’éloigne de la vie des autres
j’écarte les bras en vain depuis
pour vivre


sans pitié pour les ânes et les hommes
du foin devant les écrans
au loin des côtes de béton
cela ne tient pas la distance
au gré des vies qui ne trouvent pas récompense
le matin se couvre de bourgeons
je vois en toi une eau de prière
un lapin de clapier


les soirées d’hier autour de la table
dans une ville à l’ouest
ne sont plus
tirer à soi le chien de fusil féroce
ce temps est si loin mon épine
il faut passer les anciens
et tuer les jeunes
là-haut les trois becs se troublent de blanc


il faut mordre la terre et monter Dieu
voire la lumière et le tuer
aux souffles le pollen qui fermente
la liberté d’enfanter et de jouir
à une lager
je préfère
un luger avec un shot


pour finir l’idéal

Texte : © Pierre Vandel Joubert