Zakane – DÉCEMBRE 78

Dans ma cabane d’incertitude
Sur des murs soif de promesses
Esclave de tristes habitudes
Je navigue sur lac tristesse
Ce monde est comme un labyrinthe
Où la survie n’est que misère
Dans le doute j’ai posé mon empreinte
Qui coule douce vers la colère

Il y a des jours ami vois-tu
J’ai envie de me faire tueur
Pour finir poète perdu
Qui a commis ces vers couleurs
Et quand je couche mon pauvre corps
Sur ce lit qui n’a rien connu
Je dérive toujours et encore
Vers souvenirs amis venus
Sur des rivages inconnus
Je rêve d’un corps mis à nu
Par mains expertes du désir
Pour atteindre suprême plaisir

Mais toujours arrive l’angoisse
Qui ferme tous mes paysages
Et je revois ma rue de poisse
Où j’ai perdu mon premier age
C’était pour aider le soleil
Qui n’arrivait pas à sortir
De la boite des sortilèges
Du coffret noir de l’avenir

Et dans solitude profonde
Je pense au ventre encore fermé
D’une fille nuage douce et longue
D’où sortira le prisonnier
Je vire sur mes derniers délires
Masqués des barreaux de l’ennui
Dans l’océan il y a sourire
Dernier recours dans ma nuit

Et dans ma prison de silence
Mon esprit vole vers la lumière
Puisqu’au Grand Appel je pense
Et à ma mie comme à ma mère

Texte : © Zakane – Illustration : © Bénito – Mise en Son : © Cénélius